notre trajet
C´etait
notre derniere nuit en conditions extremes et heureusement car ce n´est plus le froid qui nous réveille mais nos odeurs corporelles. Depuis le départ de Tupiza nous n´avons pas croisé de douches,
a part les eaux souffreuses d´Agua Calientes. Dans ces régions reculées de Bolivie l´eau courante n´existe pas et quand bien meme nous rencontrons un robinet avec un filet d´eau, il fait bien
trop froid pour se dénuder et se laver. La bonne nouvelle c´est que nous ne sommes pas les seuls, ici la puanteur est la norme, Bolivien et Gringos a la meme enseigne.
Pour le
lever du soleil, nous arrivons sur la Isla de Pescado, mais malheureusement le temps est nuageux et il n´y a pas un seul rayon de soleil. Blanc sur blanc tout fout le camp, les photographes sont
décus. Pourtant le paysage est une fois de plus sublime sur cette ile coralienne en plein desert de sel. de monstrueux cactus de plus de 1000 ans ont remplace les gorgones et hérissent le
récif.
Sur la
route du village de Colchani, nous nous arretons pour une seance photoau milieu du Salar; le défi étant de courir nu sur ces plaines de sel glacé.
Puis vient
la fin de notre épopée , l´arrivée á Uyuni nous raméne a la réalité . Le référendum révocatoire d´Evo morales est maintenant dans 2 jours; le compte á rebours pour quitter le pays est lancé. Il
existe 2 options pour partir de cette ville de cauchemard soviétique et rejoindre Tupiza: le train de nuit ou la jeep. La Bolivie étant encore paralysée par les bloqueos, nous optons pour la
sécurité et endurons encore 5h de piste vers Tupiza.
En
récompense á lárrivée, la douche brulante de l´Hotel Annexo Mitru ( la meilleure de toute notre vie!) et un diner avec Murielle, Julie et Cécilia, nos 3 copines de route vers l´Argentine.
La matinée se
poursuit ensuite par une succession de lagunes toutes plus belles les unes que les autres: Lagunas Honda, Charcota, Hedionda et enfin Cañapa. pour nos séances de shooting les flamands roses
super-stars posent comme des danceuses de Las Vegas.
Durant l´apres-midi, notre Jeep roule a vive
allure a travers le Salar de Chiguana, vaste etendue poetique ou notre esprit s´egard. Arrives aux abords du célebre Salar d´Uyuni a la tombee de la nuit, Emilio nous depose dans notre refuge: un
hotel tout salé, des murs au plafond jusque nos oreillers. Ce sera notre derniere soiree avec Nick et Hilde, et au diner, les idees stupides fusent pour les montages-photo du lendemain dans le
Salar.
Heureusement, Emilio est un chauffeur
hors-paire et il nous mène indemnes à la Laguna Kollpa. Dèsormais à 4850m d´altitude nous poursuivons notre ascension en direction du Volcan licancabur, déjá observé un mois plus tot coté
chilien.
Nous traversons le salar de Chalviri puis
le mystique Desierto de Dali et ses formations de laves pètrifièes avant d´arriver á l´incroyable Laguna Verde et ses eaux venimeuses.L´arsenic et le magnésium (d´origine volcanique) qui flottent
dans ses eaux lui donnent sa couleur phosphorescente qui change en fonction des conditions météorologiques.
Emilio nous tire de notre contemplation au bout d´une bonne demi-heure pour nous conduire aux sources d´eau chaude d´Agua Calientes. Malgré le froid, tout le monde enfile son
maillot de bain pour profiter des bienfaits des minéraux dans ce petit bassin nauséabond. Apres la pause-dejeuner preparee par Daisy, la jeep cahote vers la Terre du Lendemain (Sol de Manana) ou
des geysers de lave et de boue grise bouillonent, a plus de 5000m d´altitude.
Le soleil déclinant, nous atteignons la Laguna Colorada, fantastique étendue d´eau rouge et de glace ou pataugent des milliers de flamands roses. Cette Lagune
doit sa couleur écarlate aux pigments des algues clorofitas qui y pullulent. Ces plantes et leurs sédiments constituent aussi le plat favori des flamingos.
Completement epuises par la contemplation
de toutes ces merveilles naturelles, nous rentrons nous réchauffer autour d´une bonne bouteille de vin chilien dégustant, comme tous les soirs, la délicieuse soupe de Daisy.
Apres la
visite du village de Nazarenito, situe au pied du Volcan Uturuncu (6008m d´altitude), vers 17h c´est la pause nocturne au village de San Antonio de Lipez. L´agence ne nous avait pas menti,
l´hotel est muy basico puisque nous logeons chez l´habitant sans eau courante, ni electricite (sauf de 19h a 22h). Deisy s´avére etre une excellente cuisinere et au diner nous devorons sa soupe
de legumes -presque- frais.
Ce soir, c´est la fete mationale bolivienne et pour l´occasion les villageois nous invite au spectacle de chant et danse des enfants de l´école primaire. Un generateur poussif
fournit quelques watts á l´unique ampoule de la salle des fetes, seul et unique effet special du show. Lorsque le rideau se ferme, il faut l´intervention d´un grand touriste pour dévisser
le plafonnier (il n´y a pas d´interrupteur...).
Reveilles a
midi, il est grand temps de se mettre en quete d´une agence pour partir des le lendemain en excursion dans le Sud Lipez bolivien. Tupiza Tours semble etre le leader sur le marché et nous leur
payons une avance de 400 bolivianos pour réserver. Malheureusement, les bloqueos faisant toujours rage, en fin d´apres-midi ils nous annoncent que notre jeep n´est pas pleine; nos co-passagers
attendus dans la journee etant bloqués a Potosi.
Durant ces 2 jours de paix , il n´y a qu´un bus en partance de Sucre pour Tupiza. Celui-ci est bien entendu surcharge et nous nous battons pour obtenir 2 places
assises au double du prix (80 bolivianos par personne au lieu de 40). A 17h nous sommes donc partis pour 12h de bus et de nombreuses personnes voyagent debout. Les manifestants ont bloque les
routes a coup de dynamite, faisant s'abattre des flancs de marbre, mais comme c'est dimanche-jour de treve, une pelleteuse a ouvert une voie en degageant les gravats.
Nous sommes serres comme des sardines dans ce satane bus bolivien, veritable boite de conserve a roulette. Nos voisins ont emmene leur diner, un delicieux ragout de charogne et leur festin
continu repand un lourd fumet de viande avariee qui nous enveloppe comme une maree de cauchemard. Encore une nuit glaciale interminable a notre palmares. Les routes goudronnees n' existent pas
dans le sud bolivien, et nos intestins sont mis a rude epreuve durant ces douze heures de pistes.
Pour couronner le tout, notre chauffeur fait du zele et nous arrivons avec 1h30 d'avance. Il est donc 4h du matin quand nous quittons le terminal de bus et apres avoir reveillé plusieurs gardiens
d'hotel, le verdict tombe, jusqu'a 7h il nous faudra payer le prix de la nuit precedente... il fait -10 degres mias vraiment nous refusons de payer 80 bolivianos pour deux heures de sommeil.
Finalement le check in de l'hotel Mitru Annexo est a 6 heures, nous passons donc une heure a chanter "quand te reverrais-jeuuuu, pays merveilleuuuuux..." sur la place publique avant de pouvoir
enfin se rechauffer dans notre chambre.
A 8h30, decollage de Cochabamba pour la Paz. Nos estomacs s' accrochent tant bien que mal pour les atterrissages et decollages les plus hauts du monde! Croyants etre
enfin tranquilles, nous arrivons a Sucre pour decouvrir que les bloqueos sont encore plus violents ici. Normalement, un bloqueos c'est trois pierres, deux branches, un lama et cinq mamas larges
comme des barriques qui arretent les poids-lourds a grands coups de mamelles. Mais ici les manifestants s'amusent avec de la dynamite, ce qui causera quelques morts. Nous parvenons tout de meme a
nous faufiler a pieds entre ces obstacles pour rejoindre le centre-ville paralyse.
Sucre est belle, le climat doux et nous nous offrons un hotel luxueux (San
Francisco, 110 bolivianos la nuit) pour reprendre des forces avant d'affronter le froid du Salar. Nous visitons plusieurs eglises et couvents, le superbe musee du textile et le musee
anthropologique qui expose momies et cranes incas difformes.
Durant ces 4 jours a Sucre, les partisans du "Evo NO" bloqueront le Nord tandis que ceux du "Evo SI" controleront le Sud. Heureusement, pour le week end, tout ce petit monde signe une courte
treve et nous en profitons pour nous enfuir jusque Tupiza sans s'arreter a Potosi, egalement bloquee.
De bon matin, apres avoir retrouve nos compagnons de route, nous partons calle Sucre louer une jeep pour la journee (450 bolivianos). C'est Seb qui pilote l'engin!
Il commence par conduire poliment, avec clignotants, controles directs et remerciements, puis se met en mode bolivien et donne tout. A grands coups de klaxons et d'embrayages furieux, il
nous fait sortir de la ville; mais c'est pour nous retrouver bloques quelques kilometres plus loin par les partisans du "Evo No" au referendum qui se deroulera le 10 aout prochain. "No dialogos,
no referendum, la revolucion social!" Bienvenue en Bolivie, amigos!
En contournant ar le lac nous arrivons tout de meme a teps pour le
marche de Punata donc jusqu'ici tout va bien. La ville entiere n'est que stands colores de tissus, fruits, et bric a brac en tout genre. Des centaines de pommes de terre, des legumes aux formes
inconnues et des montagnes de tripes crues en sauce macerent en plein soleil.
Pour nous remettre de nos emotions, nous entrons dans une Chincheria (reputee pour servir la meilleure chihca de Bolivie) ou cette fois NOUS sommes l'attraction. Chaque client vient un par un
pour nous faire gouter sa propre decoction cul-sec! Il faut oublier le fait que les femmes machent machent les graines de mais pour accelerer la fermentation de nos boissons! Apres un bon moment
de rigolade et de defis gastriques, nous nous echappons pour aller visiter les lagunes de la region.
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Lundi matin, de La Paz, nous prenons un bus direct pour Cochabamba. Il n'y a que 7h de route et pour une fois nous voyageons de jour afin de profiter pleinement
de la beauté de l'Altiplano. Le confort des bus boliviens n'est pas celui des peruviens, et encore moins celui des chiliens, mais ca reste toujours plus confort qu'un bus Eurolines ou Gullivers.
Les premieres heures du voyages se deroulent sans embuches jusqu'a ce qu'une rangee de bus vides, arretes au bord de la route, alarme notre chauffeur.
La route est parsemee de pierres, des volutes de fumee s'en echappent et les locaux commencent a paniquer. Stress communicatif pour nous, seuls touristes du bus.
L'entree du village que nous devons traverser est barricadee; les bus se delestent de leurs passagers en plein desert. Notre chauffeur hesite, prend la temperature, puis courageux, s'engage sur
une piste sablonneuse qui contourne les hostilites. Dans les tourbillons de poussiere, femmes et enfants tentent a pied la meme aventure. Le courage n'est as la seule vertu de notre
chauffeur, et ame charitable, il laisse s'entasser dans notre bus ces passagers livres a leur sort, malgre les protestations sauvages des boliviennes confortablement installees a bord. La Bolivie
est un regime matriarcal, et les cruelles mamas le revendiquent a chaque instant!
Nous parvenons tant bien que mal
a entrer dans Cochabamba ou l'Hotel Colonial et sa cour luxuriante nous acceuillent pour 80 bolivianos. Le soir, par hasard, nous retrouvons Noemie, rencontree quelques semaines plus
San Pedro de Atacama, Ludo et Seb, ces amis qui l'on rejoint ici. Ils nous proposent de partager une jeep pour visiter le marche de Punata le lendemain et nous sommes ravis de partir en
excursion avec eux.
L'arrivée a La Paz par l'Altiplano avec une vue plongeante sur le canyon est vertigineuse. La ville s'étend comme une gangrène dans chaque pli du canyon. De toutes
parts ses ramifications tentaculaires se déploient dans un paysage lunaire. La vie s'accroche ici, avec une insistance déroutante, a des sommets hauts de plus de 6000m d'altitude. Lorsque
nous franchissons ses portes, c'est alors un véritable sentiment d'oppression qui nous enveloppe et dont nous aurons du mal a nous débarrasser ces deux prochains jours. Heureusement, après
quelques heures de recherches, nous trouvons un hôtel abordable (60 Bs la chambre), l'Inti Karka, situe dans une rue clame et relativement éloignée de l'activité frénétique de cette cite
andine. Entre shopping, visites de musées les plus intéressants les uns que les autres ( Museo de la Coca et Museo de Arte Contemporano), déjeuners et dîners au Pot ou a l'Angelo Colonial,
dégustation de feuille de coca fraîchement cueillies et rencontres shamaniques, nous passons ici quatre jours trépidants.
PARIS FRANCE
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